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L’eau du robinet pourrait encore être contaminée par un pesticide interdit

Un pesticide interdit depuis 2020 est encore détecté dans certaines ressources en eau en France. Comment est-ce possible, et que révèlent réellement les analyses ? Découvrez ce que les données officielles montrent sur l’eau que nous buvons.

L’eau du robinet pourrait encore être contaminée par un pesticide interdit

L’eau que vous buvez pourrait encore être contaminée par un pesticide interdit

Chaque jour, des millions de Français boivent de l’eau du robinet sans se poser de questions. Pourtant, les traces d’un pesticide interdit peuvent encore être détectées dans certaines ressources en eau en France.

Comment est-ce possible plusieurs années après son interdiction ? Et surtout, que révèlent réellement les analyses ?

Un pesticide interdit depuis 2020

Son nom : le chlorothalonil.

Ce fongicide a longtemps été utilisé en agriculture pour protéger différentes cultures. Il est désormais interdit dans l’Union européenne et les produits phytopharmaceutiques qui en contiennent ne sont plus autorisés en France depuis 2020.

Mais une interdiction ne fait pas disparaître immédiatement une substance de l’environnement.

En se dégradant dans les sols, le chlorothalonil peut former d’autres composés appelés métabolites. L’un d’eux, le chlorothalonil R471811, a particulièrement attiré l’attention des autorités sanitaires françaises.

Retrouvé dans plus d’un prélèvement sur deux

Lors d’une vaste campagne nationale, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a recherché des substances qui n’étaient pas ou peu surveillées lors des contrôles habituels de l’eau.

Plus de 136 000 résultats d’analyse ont été recueillis et 157 pesticides et métabolites ont été étudiés.

Et le résultat concernant le R471811 a de quoi surprendre : il a été retrouvé dans plus d’un prélèvement sur deux.

Lors de cette campagne, sa concentration dépassait également la limite de qualité alors appliquée de 0,1 microgramme par litre dans plus d’un prélèvement sur trois.

Comment est-ce possible ?

La réponse se trouve notamment sous nos pieds.

Après leur utilisation, certaines substances peuvent atteindre les sols. En se dégradant, leurs résidus peuvent ensuite migrer vers les nappes souterraines et les ressources utilisées pour produire notre eau potable.

Or, certaines nappes phréatiques se renouvellent très lentement.

Nous pouvons donc encore détecter aujourd’hui les traces d’utilisations anciennes, même lorsque le pesticide concerné est interdit depuis plusieurs années.

Est-ce dangereux pour autant ?

C’est ici qu’une nuance importante s’impose.

Détecter une substance ne signifie pas automatiquement que l’eau est dangereuse à boire.

Les connaissances concernant le R471811 ont d’ailleurs évolué depuis cette campagne.

Initialement considéré par précaution comme un métabolite « pertinent » pour l’eau destinée à la consommation humaine, il a été reclassé par l’Anses en 2024 comme métabolite non pertinent après l’analyse de nouvelles données scientifiques.

Les résultats précédents montrent donc surtout à quel point certains résidus peuvent persister dans l’environnement. Ils ne signifient pas qu’un Français sur trois boit une eau dangereuse.

Un autre métabolite du chlorothalonil, le R417888, reste cependant considéré comme pertinent pour les eaux destinées à la consommation humaine.

La surveillance continue donc d’évoluer avec les connaissances scientifiques.

Et les chercheurs ont fait une autre recherche surprenante…

Les pesticides n’étaient pas les seules substances étudiées lors de cette campagne.

L’Anses a également recherché 54 résidus d’explosifs dans les ressources en eau.

Oui, vous avez bien lu.

Mais pourquoi rechercher des traces d’explosifs dans notre eau ? En retrouve-t-on réellement ? Et faut-il s’en inquiéter ?

👉 À lire également : « Et si l’eau que vous buvez contenait des résidus d’explosifs ? »

Faut-il arrêter de boire l’eau du robinet ?

L’eau distribuée en France fait l’objet de contrôles sanitaires réguliers et la présence d’une substance à l’état de trace ne signifie pas automatiquement qu’elle représente un danger.

Ces analyses nous rappellent néanmoins une réalité importante : une eau parfaitement transparente peut contenir des substances impossibles à voir, sentir ou goûter.

Et certaines molécules utilisées il y a plusieurs années peuvent laisser une empreinte durable dans notre environnement.

Les résultats officiels du contrôle sanitaire de l’eau potable sont accessibles au public et permettent de consulter la qualité de l’eau distribuée dans sa propre commune.

Et si vous repreniez le contrôle sur l’eau que vous buvez ?

Une eau claire en apparence ne révèle pas forcément tout ce qu’elle contient. Pesticides, chlore, calcaire ou autres substances indésirables : face à ce que l’on ne peut ni voir ni sentir, de plus en plus de foyers font le choix d’une filtration directement à la maison.

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Sources : Anses — campagne nationale sur les polluants émergents dans l’eau potable et travaux relatifs aux métabolites du chlorothalonil ; ministère chargé de la Santé.

Les classifications et connaissances scientifiques peuvent évoluer.

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Et vous, que pensez-vous de votre eau ?

Partagez votre expérience, votre région ou les différences que vous avez observées au robinet.